Des expériences multiples et diversifiées
histoire d'un café culturel à La Courneuve, au Lycée J.Brel
Il était une fois…un café culturel, dans un lycée quelque part en France….il était une fois un espace libre…un autre temps
Quelque part…une banlieue …
Je n’aime pas ce mot
Il est parfois pratique de choisir des mots pour éviter de penser…
Je choisis la réflexion…
Tout commença avec ce que je nommais Café Culturel.
En fait on n’y servait aucun café. Les réglementations hygiénistes interdisaient cela.
Il existe dans ces villes beaucoup de structures d’accueil pour les jeunes (mot banal qui ne veut guère dire grand-chose comme dit Bourdieu).
Il ne s’agit pas simplement de faire venir des jeunes dans des structures suffisantes en nombre.
La vraie question est de les impliquer et de les responsabiliser afin qu’ils se sentent vraiment chez eux dans ces villes. On habite une ville d’abord parce qu’on s’y sent bien. La question que je me suis toujours posée était de comprendre ce désintérêt et surtout comment y remédier.
Internet, le téléphone portable… tous ces nouveaux medias ont forcement modifié la relation des jeunes au réel. Nombreux sont les travaux universitaires qui le montrent. Je ne rentrerai donc pas dans les détails qui justifieraient cette hypothèse. Admettons la. Il est clair que notre rapport a la jeunesse ne peut plus être le même que dans les années post 68.. Dans un monde qui va vite ,il faut aussi aller vite et jouer par conséquent sur ce qui peut les surprendre du fait de leur propre rapidité à suivre les mutations technologiques.
C’est pourquoi je pense qu’il faut aller vers les jeunes là où ils se trouvent et leur proposer des formes originales d’interventions culturelles. Par exemple, pourquoi ne pas arriver avec une exposition ambulante sans aucune communication préalable afin de les surprendre et d’attirer un regard difficile à capter voire à captiver. Autre idée : des interventions musicales inopinées etc.
Bien sûr ce n’ est pas le désordre qui m’intéresse, il ne s’agit pas de partir dans tous les sens….il s’agit de concevoir autrement les structures d’encadrement de la jeunesse sur les villes. Plus exactement face à une jeunesse qui ne cesse de bouger comme ont pu le montrer les événements récents ,il faut repenser un cadre qui joue du décadrage pour mieux recadrer.
Ainsi, ma proposition est la suivante : créer une structure culturelle mobile qui aille vers les jeunes, les intéresse et surtout les amène à une réelle participation à la culture, culture qui ne saurait se réduire à un échantillon de cultures particulières et souvent communautaires.
Vaste programme me direz vous ,mais je suis prête à prendre le risque et créer une véritable dynamique culturelle qui pourrait porter comme nom « café culturel ».
C’est ainsi que je pensais l’école, son rapport à la culture….
C’est ainsi que je mis en place le « café culturel »
Maryse Emel
source: http://www.cndp.fr/crdp-creteil/gestion-tice-usages/98-tice-usages-temoignages/445-lent-au-lycee-un-espace-dechanges-et-de-partage
L'ENT au lycée, un espace d'échanges et de partage
Jean-Baptiste Fortin, professeur de philosophie au lycée Martin-Luther-King de Bussy-Saint-Georges (77), expose comment il exploite les fonctionnalités communicationnelles de l'ENT des lycées franciliens avec ses élèves de classe terminale.
Contexte
Notre lycée dispose d'un ENT (espace numérique de travail) depuis 2007. Outre les usages institutionnels (cahiers de texte, notes et absences), les ENT offrent souvent d'autres services qui permettent des échanges de toutes sortes entre les différents acteurs de la communauté scolaire.
Exemples d'utilisation
L'ENT du lycée propose un service de forums de discussion. Je m'en sers pour accompagner mes élèves dans leur travail à la maison. Chaque dissertation ou explication de texte fait l'objet d'un forum. Les élèves y posent des questions de fond ou de méthode auxquelles je réponds dans un délai de 48 heures. Les élèves se sentent ainsi moins démunis face à une épreuve qu'ils ont peu de temps pour découvrir et maîtriser. Le cinéma offrant bien souvent des illustrations de problématiques philosophiques, le service de blogs est aussi utilisé. Le blog « Philosophie et cinéma », où les élèves peuvent écrire des billets et laisser des commentaires, est régulièrement enrichi de critiques de films qui invitent à la réflexion.
La plus-value de l'utilisation d'un ENT
Accessible depuis n'importe quel ordinateur relié à Internet, l'ENT permet de continuer à travailler avec les élèves en-dehors du temps de cours. La lourdeur du programme et des effectifs empêche souvent de répondre à toutes les questions en classe et de donner la parole à chacun. L'ENT permet de prolonger mon cours et chaque élève y a la possibilité de s'exprimer pour demander un éclaircissement ou approfondir la réflexion.
Jean-Baptiste Fortin
date de publication : 02/11/2011 CRDP Créteil
LES TICE
source: http://www2.cndp.fr/archivage/valid/92613/92613-15226-19176.pdf
LES DOSSIERS DE L’INGÉNIERIE ÉDUCATIVE, CNDP Amiens
Une fois esquissé un tableau des utilisations faites des TICE par les enseignants de philosophie, il reste à formuler des propositions précises susceptibles de les renforcer, dont certaines sont d’ailleurs déjà mises en oeuvre.
Article de Barbara de Négroni
1. L'environnement numérique : un outil prometteur
Diverses études indiquent que les environnements numériques de travail (ENT) peuvent avoir de réels avantages se mesurant à la fois sur la motivation, l'enthousiasme et l'autonomie au travail et sur la communication. Quelques recommandations à ce sujet sont : faire utiliser les ENT aux élèves avec un but précis pour renforcer leur motivation ; rendre les enseignants "acteurs" dans la gestion des ENT ; utiliser à la fois une méthode qualitative et une méthode quantitative pour étudier les effets des ENT sur l'apprentissage.
source: http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/l-environnement-numerique-un-outil-prometteur-9.htm
2. Les limites des TICE
Carole Prompsy
Professeur de philosophie au LYCÉE ROBERT-DE-LUZARCHES, AMIENS
source: http://www2.cndp.fr/archivage/valid/92615/92615-15224-19174.pdf
Comme les autres disciplines, la philosophie possède ses outils de recherche propres : moteur spécialisé, annuaires, portails, sites thématiques…mais ce foisonnement est parfois un obstacle pour qui n’a pas une idée précise de ce qu’il cherche.
3.Jean-Louis Poirier et Les Dossiers de l’ingénierie éducative
remercient les auteurs de ce rapportparu en 2002 d’en autoriser la publication dans ces colonnes.
"La quasi-totalité des professeurs de philosophie considère que les TIC sont un outil nouveau et qu’il n’y a aucune raison de ne pas le mettre en oeuvre. Mais il ne suffit pas qu’un instrument soit disponible pour que se trouve validé son usage pédagogique. Il importe que cette mise en oeuvre se fasse conformément aux normes et aux fins de la discipline."....
source: http://www2.cndp.fr/archivage/valid/92612/92612-15227-19177.pdf
4.Rencontre avec François Jourde
Par François Jarraud
Articulation du site et du cours de philo
« Mes élèves consultent surtout les cahiers de textes en ligne. Ils sont publiés sur des plateformes de blogues, et j'y intègre les documents utilisés et/ou produits en cours... Pour le moment, je n'incite pas les élèves du secondaire à intervenir sur le site (par exemple dans les commentaires des billets)... Quant à moi, le site me permet de conserver la mémoire de mon travail, et de le rendre visible au-delà de la classe. Cela génère parfois des interactions avec d'autres personnes. »
À propos de Twitter
« Pour l'heure, je l'utilise de trois manières.
1. Personnellement, comme un outil de veille informationnelle : ici, je reçois beaucoup et j'émets peu.
2. Dans le cours de philosophie, mon utilisation demeure assez minimale : Twitter ne me sert qu'à générer un flux de courtes notes que je place sur mon site, et qui informent surtout de l'actualité du cours et de quelques liens liés au cours.
3. Je n'utilise pleinement Twitter qu'avec les étudiants de BTS (cours de psychosociologie de la communication). Outre l'usage précédent (générer un fil d'informations), Twitter me sert à susciter des échanges hors et autour du cours proprement dit...
Ce caractère public des échanges me permet d'ailleurs de les sensibiliser à la question de l'identité numérique, qui doit être plurielle. Je les sensibilise et les exerce à la nécessité de varier le mode de communication selon l'identité numérique : ils ne peuvent pas s'afficher ni s'exprimer sur le réseau Twitter du cours comme ils le feraient par exemple sur leur réseau social Facebook... »
Mobilisation des étudiants
« Ils sont assez mobilisés. Cela d'ailleurs me frappe, — ou plutôt me confirme un phénomène bien connu des psychosociologues : l'engagement s'accentue avec le sentiment de liberté ! En effet, je leur ai également demandé de réaliser un blogue d'étudiant (ce projet est en cours). Or, je leur avais dit que si la création du blogue est un exercice imposé, leur participation à Twitter était optionnelle et libre. Résultat : affluence sur Twitter, mais pas sur les blogues… »
Lire l'intégralité de l'entretien sur le site du Café pédagogique
Date de publication : 27/01/2010 16:54
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Site compagnon de François Jourde
Ma fille, s'exerçant au piano, m'a fait écouter une mélodie de sa trouvaille. Joyeuse, elle m'a dit : " Papa, je l'ai inventée en faisant des fautes ! ". Voici une phrase que l'on n'entend, hé...
/http%3A%2F%2Feduscol.education.fr%2Fnumerique%2Fdossier%2Farchives%2Ftravail-apprentissage-collaboratifs%2Fenseignement-scolaire%2Fphilosophie%2Fmauve-logo-men.png)
Philosophie - Enseigner avec le numérique - Éduscol numérique
Accueil Éduscol > Accueil Enseigner avec le numérique >Dossiers documentaires >Pratiques collaboratives >5. Usages dans l'enseignement scolaire > Philosophie
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Le guide 2010 du web pédagogique : Philosophie
Par François Jarraud et Jeanne-Claire Fumet Des portails Le multimédia sur le site de Nantes Célèbre pour ses créations multimédia en philosophie, le site académique de Nantes innove avec un...
http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2010/indis2011_philo.aspx
le journal du lycée Emilie du Châtelet 77 700 SERRIS
La Philosophie et la culture aux Pannevelles
Actions menées au lycée Les Pannevelles- Provins (77)
A/ La philosophie à l’heure du numérique.
Si notre lycée ne compte pas de site de philosophie, nous disposons d’une plateforme d’échanges de documents via Lilie. Lilie comporte aussi des forums utilisés par certains professeurs. Je n’ai guère utilisé ce support avec les élèves, mais je communique beaucoup avec les élèves par mail (précorrection de devoirs, envoi de « fiches bilan » pour revoir les cours en vue du baccalauréat, relecture de ces fiches, réponse à des questions en marge du cours que les élèves se posent, demandes particulières de contenu…).
Dans le cadre de l’AP en première, il m’est arrivé d’utiliser le TNI du lycée pour des recherches internet (voir rubrique « La philosophie avant la terminale »).
2/ Lancement des projets : à quelle date ?
Je suis arrivée au lycée il y a trois ans et depuis deux ans maintenant, la philosophie participe pleinement à l’AP en seconde et en première, ainsi qu’au projet « Lycéens et apprentis au cinéma » (voir les modalités d’intervention en AP ci-dessous).
3/ Les actions : au lycée, au cinéma, au musée !!!
« La philosophie avant la terminale » : En 2011-2012, les élèves de seconde ont pu bénéficier l’an dernier de plusieurs séances qui ont lié la philosophie aux contenus enseignés en SVT et en histoire-géographie. En première, quelques interventions ont aussi été programmées et réalisées en lien avec ces deux disciplines. Les difficultés liées à l’obtention de créneaux communs avec les collègues des disciplines concernées nous ont amené à modifier l’organisation de cette interdisciplinarité l’année suivante.
En 2012-2013, les élèves de seconde ont pu entendre régulièrement le professeur de philosophie du lycée dans le cadre de l’AP pour des interventions liées à la culture générale, pour une introduction générale à la philosophie et pour quelques interventions ciblées en lien avec la SVT et l’histoire.
En première, les élèves de la série scientifique (les autres classes étant des classes techniques : STI/ ST2S) ont profité d’une heure de philosophie par mois fixée dans leur emploi du temps dans le cadre de l’AP. Ainsi, ils ont pu avoir plusieurs interventions liant le contenu de leur cours de physique, de français, d’histoire-géographie, de SVT et la philosophie. Ils ont pu également assister à la projection du film To be or not to be de Lubitsch dans le cadre du projet « Lycéens et apprentis au cinéma » et bénéficier d’une intervention philosophique sur le film (Peut-on rire de tout ? Etudes de textes de Bergson, d’Adorno et d’Horkheimer sur le sujet).
« Lycéens et apprentis au cinéma » : les élèves de terminale ont pu assister à la projection de trois films proposés par ce dispositif régional. Chaque film a donné lieu à une reprise dans le cours de philosophie : Conte d’été de Rohmer dans le cadre d’un cours sur la liberté ; Daratt de Mahamat Saleh Haroun, cinéaste tchadien dans le cadre d’un cours sur la justice et le droit (particulièrement sur le thème de la place de la vengeance dans l’Etat de droit). L’an dernier, ce même projet avait été mené avec des élèves de TSTI autour du film A bout de course de Sidney Lumet et avait donné lieu à des réexploitations dans les cours sur la liberté et le bonheur.
Etudier des notions au musée : « L’art et la technique, parcours thématique au Centre Pompidou ». Une sortie nocturne facultative a été proposée à l’ensemble des élèves du lycée. Des élèves des terminales S et ST2S ainsi que des élèves de BTS (ex élèves de TSTI du lycée) s’y sont inscrits. Au cours de cette sortie, nous avons parcouru le musée en nous arrêtant sur les œuvres qui permettaient d’enrichir, d’approfondir, de problématiser ou encore d’illustrer notre réflexion sur ces notions.
4/ Les effectifs concernés
Classes 2GT : trois classes de 35 élèves.
Classes de première S : deux classes de 20 élèves.
Classes de terminale S : deux classes de 24 élèves.
Classes de TSTI : deux classes (16 élèves et 24 élèves).
Elèves de BTS : 6 élèves.
5/ Les retombées.
-La Philosophie avant la terminale.
Un changement d’attitude et d’approche de la matière. J’ai pu constater un changement assez radical de l’approche de la philosophie par les élèves qui sont arrivés en terminale cette année et avec qui un travail avait été préalablement mené en première. Pour les élèves de seconde revus en première, l’évolution est aussi marquante dans l’attention et l’assimilation déjà constatés de certains contenus et de certaines méthodes (analyse notionnelle notamment).
Des notes BONUS. Si les élèves ne pouvaient être notés en philosophie, les interventions ont systématiquement donné lieu à de petits exercices préparatoires en début de séance pour entrer dans la réflexion. Ceux-ci ont été corrigés ensemble et après un apport de contenu, il a souvent été demandé aux élèves de rédiger en fin d’heure (ou chez eux à titre facultatif) un petit bilan sur une question, ou un petit exercice lié à ce qui avait été vu. Avec l’accord des collègues des « disciplines d’accueil », les devoirs ont été notés et comptés comme bonus dans leur moyenne. Les élèves ont alors fait preuve d’un certain sérieux et l’approche plus littéraire de certaines matières scientifiques a semblé profitable à un certain nombre d’élèves. Pour les travaux facultatifs, ils ont été proposés aux élèves de première et ont été rendu en moyenne par 5 élèves (pas forcément les mêmes) sur 20 d’une fois sur l’autre, d’une séance à l’autre. Les travaux étaient plutôt de qualité.
-Lycéens et apprentis au cinéma.
Ce projet a été l’occasion d’aborder autrement les problématiques vues ou à retravailler en classe. Cela a aussi été l’occasion pour un certain nombre d’élèves de comprendre que nous pouvions aussi philosopher à partir de films. Beaucoup ont ainsi découvert qu’on pouvait à juste titre classer les films au rang des œuvres d’art et qu’ils avaient leur place dans une réflexion esthétique plus large. Comme pour les interventions en lien avec le français, ce projet a permis aux élèves de comprendre que l’art ne se limitait à la peinture et il est à espérer qu’ils enrichiront leurs copies philosophiques sur l’art en terminale et au baccalauréat par cette prise de conscience et ces analyses.
-Le Musée.
La sortie est arrivée pour certains élèves avant le cours et pour d’autres elle est venue après. Pour les élèves de classes techniques présents, le cours avait déjà eu lieu et voir de leurs yeux les œuvres qui avaient été étudiées a été une véritable satisfaction pour eux. Cela a pu être l’occasion de rappels, de compléments et a donné lieu à de nouvelles réflexions menées ensemble autour des œuvres. Pour les élèves de terminale scientifique, la sortie a eu lieu avant le cours et a suscité de nombreuses interrogations. Le travail de problématisation de la notion d’art a donc commencé dans cette enceinte du centre Pompidou.
L’intérêt des élèves de BTS pour cette sortie a pu permettre de mesurer l’impact positif du travail mené l’année précédente avec eux. La curiosité pour les choses de l’esprit est un indéniable apport de ce travail mené depuis 3 ans avec certains d’entre eux.
-L’avis des autres…professeurs.
Dans un lycée où un seul professeur de philosophie enseigne, l’interdisciplinarité semble plus que nécessaire. Ainsi, ce travail permet à la philosophie d’avoir sa véritable place au sein d’un lycée à dominante professionnelle, technique et scientifique. Rappelons qu’il n’y a pas de TES, ni de TL dans ce lycée.
Les collègues des autres disciplines (physique-chimie, SVT, mathématiques, français notamment) ont été très satisfaits du nouveau regard proposé par l’enseignant de philosophie sur les contenus qu’ils enseignent. Ainsi, une intervention en première S sur l’utilité des mathématiques a été bien accueilli, des cours sur des distinctions conceptuelles qui restent peu creusées en histoire (dictature, tyrannie, despotisme…) a aussi reçu un très bon accueil. Les professeurs de SVT ont été plus qu’enthousiastes : faire le lien entre des problèmes d’actualité (et pas seulement des problèmes éthiques) et les contenus scientifiques enseignés leur a semblé de bonne augure pour l’enjeu citoyen de leur discipline parfois inaperçu ou négligé par les élèves eux-mêmes.
Christelle Nelaton
Professeure agrégée de philosophie
Lycée Les Pannevelles- Provins (77).
Lycée Eugène Hénaff Bagnolet :
Je me permets de vous contacter, en tant que référente culture du Lycée Eugène Hénaff de Bagnolet, mais également en tant que professeur ayant mené des projets en lien avec la philosophie dans l'établissement.
En effet je suis professeur de Lettres-histoire dans le professionnel et j'ai mené il y a quelques années avec des 1ères professionnelles une initiation à la philosophie, à raison d'une heure hebdomadaire.
J'anime cette année avec une collègue, dans le cadre de l'accompagnement personnalisé un atelier " philo débat", qui consiste à amener les élèves à un questionnement philosophique à partir d'extraits de film ou de films.
Je peux vous envoyer le détail de ces "expériences", car il me semble en effet nécessaire de les valoriser.
Nadège Pierotti
Projet annuel : enseigner la philosophie en lycée professionnel
Pourquoi / Intérêt :
En premier lieu la demande de philosophie émane des élèves eux-mêmes qui sollicitent l’enseignement de cette matière. Le besoin de s’exprimer sur des sujets ( tels que la passion, la guerre, la violence) est grand chez ses élèves. On peut souvent le remarquer par leur questionnement dans d’autres matières comme l’Histoire et le Français.
Il s’agit néanmoins de ne pas faire doublon avec l’enseignement de l’E.C.J.S car si les thèmes peuvent être communs, les objectifs, les exigences et les savoirs à développer diffèrents.
Enseigner la philosophie peut contribuer à être un outil de valorisation pour les élèves de lycée professionnel car ils savent très bien qu’ils sont exclus officiellement de cet apprentissage. Ils sont aussi dignes que les élèves de lycée général.
A qui ?
Il semble plus pertinent de s’adresser à des Premières Bac Professionnel. En effet, les Secondes sont moins matures , et leur capacité à s’écouter ou à débattre est plus mince.
De plus ces élèves n’ont pas d’examen à la fin de l’année.
Quels objectifs ?
Les objectifs principaux sont de les amener à réfléchir sur le monde qui les environne avec des outils nouveaux, de développer leur sens critique, de contribuer à leur formation citoyenne.
Ouverture à la culture générale par le biais des notions diverses
Interdisciplinarité : l’enseignement de la philosophie est complémentaire des autres matières
L’argumentation : apprendre à problématiser, à articuler des démonstrations. Cela paraît d’autant plus bénéfique que l’examen de bac en français est un sujet argumentatif.
L’interdisciplinarité peut également passer par l’étude de notions communes.
Exemple : la passion en philosophie et un groupement de textes sur la passion amoureuse en français
Les philosophes des lumières
Certaines œuvres intégrales étudiées en français peuvent également trouver des prolongements en philosophie. Par exemple, les œuvres de Camus, de Sartre qui au-delà de leurs qualités littéraires ont un enjeu philosophique.
Avec les cours d’éducation artistique :
Etude d’un courant pictural dans les deux matières comme l’abstraction.
Les notions
Il convient de choisir des notions proches des préoccupations des élèves. Par exemple :
Le travail / la technique
La liberté
La religion
La mort
Autrui
La justice
La violence
Le désir / les passions
Le langage
Le pouvoir
L’art
Le droit
Les supports
Des textes philosophiques : indispensables à l’exercice philosophique, beaucoup sont accessibles ( Platon, Voltaire, Descartes …)
Des articles de presse : l’actualité est malheureusement féconde en sujets philosophiques : guerres, tsunamis, les « émeutes » en banlieue etc
Des films : dans le cadre du dispositif Apprentis et Lycéens au cinéma, certains films pourront être le support de réflexions philosophiques: par exemple, cette année, Shining pouvait amener à parler des pulsions, de la folie, de la conscience et l’inconscient, L’armée des ombres à étudier les notions de résistance, de droit, de dictature, de liberté
Différents types de supports iconographiques tels que des publicités, des photographies, des tableaux.
Les modalités :
Cinq ou six classes seront concernées par ce projet à raison d’une heure par classe
Bilan « Initiation philosophie », Mme Pierotti.
Le bilan est très positif, et ce pour toutes les sections. Le troisième trimestre a été fortement perturbé en raison des différents mouvements, la majorité de mes cours ayant lieu le jeudi, jour de mobilisation.
C’est pourquoi, le passage à l’écrit qui était plutôt envisagé lors de ce trimestre ne s’est pas vraiment conclu.
Plusieurs notions ont été abordées avec les élèves : l’Inconscient, la Liberté, la Justice, le Droit, le Bonheur, le Désir et pour certains la Mort et la Vérité.
Globalement, ces notions rencontrent des questionnements auxquels les élèves ne sont pas indifférents. Je fonctionnais un peu toujours de la même manière, un première phase « brainstorming » autour de la question afin de faire émerger des préjugés, parfois des problématiques. La suite de la séquence s’articulait autour de textes de philosophes .
Les phases écrites consistaient surtout en la reformulation d’idées des élèves écrites au tableau et du « cours » proprement dit.
J’ai également eu recours à des « expériences philosophiques » tirées des « 101 expériences de philosophie quotidienne » de Roger Pol Droit.
Le caractère oral des cours et ces expériences ( le plus souvent assez ludiques), ont je pense donné aux élèves l’appréciation d’un cours un peu différent des autres. ( les questionnaires montrent que c’est un cours où l’on peut s’exprimer librement « sans déborder » toutefois.)
Pour l’année prochaine, je compte faire tenir à la classe un « cahier de philosophie » ( un rédacteur sera nommé chaque semaine), et également peut-être leur donner des fiches à remplir semblables à celles données dans d’autres cours, mais qui pourraient organiser et structurer leurs pensées, pour que le passage à l’écrit se fasse plus « en douceur ».
Les élèves ont beaucoup dans la représentation de cette matière qu’ils ne connaissent pas, la fameuse dissertation où il faut écrire des pages et des pages, et on retrouve l’angoisse de l’écrit ( qu’on constate dans les autres matières ) resurgir avec force.
Nous avons en conséquent peu travaillé sur des sujets de dissertation à proprement parler.
Il me faudra également mettre en place un critère plus précis d’évaluation à l’oral.
Je compte également m’inspirer des séances de « ciné-philo » animées par Ollivier Pourriol, qui permettent à partir d’extraits de films d’aborder les grandes questions de la philosophie.
Je crois que si l’enseignement de cette matière a un peu surpris les élèves en début d’année, le fait de leur donner cet enseignement, les a tout de même valorisés et pour la plupart enthousiasmés. Souvent, ils s’étonnaient en discutant avec des amis de lycée général qu’ « on faisait la même chose qu’eux ! ».
Globalement, cette matière a permis de « déplacer » certains élèves dans leur appréhension du monde, tout en je l’espère les questionnant différemment et en les rendant plus tolérants et plus « critiques » envers le monde et les autres .
Résultats du questionnaire :
Sur la totalité des élèves interrogés ( toutes sections confondues),
Pour 98% d’entre eux, la philosophie a été une très bonne surprise et pour 2 % une déception. Pour la grande majorité d’entre eux cette matière les a fait réfléchir ( même si parfois elle complique tout), les a fait discuter après les cours, leur a donné envie d’en savoir plus.
Pour 90% des élèves, elle est utile pour leur vie personnelle, comprendre la vie en général.
95 % des élèves auraient souhaité en avoir l’année prochaine.
Lycée G.Brassens Villeneuve Le Roi 94 « Platon Academy »(théâtre avec intervenant extérieur) et initiation :
- Initiation
Au lycée Brassens, en plus du programme habituel de philosophie en classe de Terminale, il existe une initiation à la philosophie dès la classe de Première pour les séries L et ES. Ce projet existe depuis 2002 mais les heures allouées à cette initiation ne nous ont été attribuées qu'en 2005 pour la série L. Depuis cette date, l'initiation est largement entrée dans les mœurs de notre lycée et a été créée dans la série ES en 2011-12. Il s’agit donc d’une heure hebdomadaire obligatoire, figurant sur l'emploi du temps des élèves et qui fait l’objet d’une évaluation sur le bulletin trimestriel.
L’enseignement a essentiellement pour objectif une familiarisation plus précoce des élèves avec les exigences du raisonnement philosophique sans être ni un cours de pure méthodologie ni une simple histoire de la philosophie. Il s’agit d’apprendre à lire et à comprendre un texte, à dégager un problème, à se détacher de l’opinion et du débat démagogique...sans toutefois déflorer le contenu du programme de Terminale. Dans la plupart des cas, il débute par une présentation historique sur la naissance de la philosophie. Les thèmes choisis par la suite sont souvent construits à partir des interrogations des élèves.
Ce cours permet aux élèves de Terminale L et ES qui n'ont que neuf mois pour accoucher de leur copie de bac d'entrer plus rapidement et plus facilement dans le bain philosophique.
Cette année, en plus d'une initiation historique au premier trimestre, nous abordons plus particulièrement la notion de Nature en 1ES.
En 1L, la saison 2 de la Platon Academy a été lancée à la mi-février 2013.
Platon Academy
C'est un atelier à l'interface entre philosophie et théâtre, où les élèves sont invités à interpréter, jouer et réécrire les dialogues de Platon. Il ne s'agit pas d'apprendre les textes par cœur, mais plutôt d'improviser à partir des arguments et concepts analysés philosophiquement. Cet hybride entre philosophie et théâtre est co-animé par Hugues Badet, comédien et metteur en scène et Mme Luttway, professeur de philosophie.
L'année dernière, nous avons travaillé sur le Gorgias de Platon ; ce sont de valeureux élèves de TL qui ont essuyé les plâtres de cette première saison expérimentale et ils se sont montrés quasiment héroïques en venant jouer Socrate, Polos, Gorgias et Calliclès au lycée le samedi matin : nous les en remercions encore chaleureusement. ll fut question du pouvoir du langage, des talk-shows, de Yoda et de Dark Vador, de l'injustice impunie, de Bachar El Assad, de Franco, de Kim Dotcom et du bonheur...
Cette année, nous travaillons sur le Phèdre ; il y est question d'amour et de beauté. Qui aimer ? Est-il sage d'aimer ? Est-il sage d'aimer sagement ?
Pourquoi Platon Academy ? Quel est cet anglicisme indigne ? Il s'agit en fait d'un quasi pléonasme légèrement ironique visant à nous rappeler le caractère gréco-occidental de notre société : quelle que soit l'académie, y compris dans l'usage le plus galvaudé et mondialisé du terme, elle se réfère implicitement et étymologiquement à l'Académie de Platon qu'il avait choisi d'installer dans les jardins d'Akadémos à Athènes. Rappelons en passant que si nous sommes au « lycée », c'est qu'à sa suite, Aristote qui a lui aussi enseigné à l'Académie, a décidé par la suite de fonder sa propre école, le Lycée, cette fois près du gymnase dédié à Apollon lycien.
Si Socrate son maître n'a jamais rien écrit, Platon a, lui, laissé de nombreux dialogues qui ne sont pas exactement des pièces de théâtre mais dont certains spécialistes pensent qu'ils ont été joués par les disciples de Platon au sein de l'Académie.
Il s'agit, à partir des dialogues de Platon, d'encourager les élèves à réaliser à quel point Socrate demeure notre contemporain ; il suffit de réactualiser les références, exemples et personnages pour redonner vie et pertinence au texte. Les élèves seront amenés à jouer le rôle des personnages historiques et imaginaires rassemblés par Platon, tout en cherchant aussi à faire entendre leur propre voix par l'improvisation.
Pendant l'année d'initiation, cette méthode différente et donnant une place plus importante à l'oral vise à faire vivre et ressentir la méthode dialectique à l'œuvre dans la dissertation qui sera exigée en classe de Terminale. Il s'agit bien pour les acteurs de parler de la même chose, du même objet, du même problème, mais sous des angles différents. Ce qui peut apparaître comme un exercice codifié, normé et extérieur à tout vécu fait ici l'objet d'une véritable expérience s'étalant sur quelques mois : les points de vue changent, on ne donne pas ses « opinions » mais on fait émerger une pensée en mouvement à travers le dialogue vécu
- Théâtre
PROJET D’ATELIER THÉÂTRE DANS LE CADRE DU COURS D'INITIATION A LA PHILOSOPHIE DE LA CLASSE DE 1ERE L
Diane Luttway, professeur de philosophie.
Hugues Badet, metteur en scène.
Présentation et contenu pédagogique pour une initiation aux dialogues platoniciens
Il s'agit, à partir des dialogues de Platon, d'encourager les élèves à réaliser à quel point Socrate demeure notre contemporain ; il suffit de réactualiser les références, exemples et personnages pour redonner vie et pertinence au texte. Les élèves seront amenés à jouer le rôle des personnages imaginés et rassemblés par Platon, tout en cherchant aussi à faire entendre leur propre voix par l'improvisation.
Le but de cette pratique n’est pas de donner une formation d’acteur aux élèves. Le dialogue platonicien permet de traduire les concepts d’un texte philosophique en action dramatique par la parole. Cela demande aux élèves de porter un regard différent sur les textes philosophiques et d‘envisager cette discipline dans une perspective plus vaste et aussi plus concrète. Cette approche n’a de sens que si elle se situe dans le prolongement du cours de philosophie.
Une fois établi qu’un certain théâtre peut être réalisé sur la base d’un conflit d’idées, il est possible par une méthodologie appropriée d'initier les élèves à la pratique du dialogue. Dans un premier temps les élèves avec le professeur de philosophie abordent le texte. Le cours permet d’en éclaircir le contenu philosophique. Dans un deuxième temps, lors de l’atelier, les élèves apprennent à lire le dialogue d‘un point de vue différent. Le théâtre n'existe que si les partenaires savent créer un conflit. Pour le dialogue platonicien, le conflit repose sur les idées. Les élèves doivent, grâce à leurs connaissances, reconnaître les objets de jeu autour desquels vont s’organiser les positions contradictoires des acteurs.
Cette analyse spécifique du texte repose sur la reconnaissance des thèmes qui parcourent le dialogue. Leur succession doit être redessinée par une composition. Cette composition fera ensuite l’objet d’un parcours et déterminera les tâches des acteurs. A ce moment, les élèves peuvent s’essayer sur la scène, et jouent ce qui a été dessiné de manière collective lors de l‘analyse. Une fois que l’essai est réalisé, nous devons ensuite en faire la critique pour déterminer si les objectifs que nous nous étions prescrits ont été réalisés ou pas.
Cette dernière étape de discussion doit permettre àchacun de faire des remarques sur ce qu’il a vu et surtout d’argumenter par le discours si l’objectif fixé a été atteint ou pas.
Cette approche particulière des dialogues de Platon implique une .participation active de chaque élève dans le cours. Elle est conçue pour parvenir à ce qu’un collectif puisse être capable de participer autant dans la position d’acteur que celle de spectateur. En ce sens, elle exige de la rigueur dans la préparation et dans l’exécution.
Mais surtout elle devient dans le cadre de l’enseignement de philosophie l’occasion de mettre en pratique leurs connaissances et leur pensée, par la parole en premier lieu. Ce déplacement de l’écrit vers l’oral est la clé de cet atelier, et le contrepoint constructif à la leçon de philosophie.
Pendant l'année d'initiation, cette méthode certes différente et donnant une place plus importante à l'oral vise à faire vivre et ressentir la méthode dialectique à l'œuvre dans la dissertation qui sera exigée en classe de Terminale. Il s'agit bien pour les acteurs de parler de la même chose, du même objet, du même problème, mais sous des angles différents. Ce qui peut apparaître comme un exercice codifié, normé et extérieur à tout vécu fait ici l'objet d'une véritable expérience s'étalant sur quelques mois : les points de vue changent, on ne donne pas ses « opinions » mais on fait émerger une pensée en mouvement à travers le dialogue vécu, joué, vu, réécrit, filmé.
Pour le bon fonctionnement de l’atelier le professeur de philosophie et le metteur en scène travaillent de manière coordonnée au niveau du contenu d‘une part, et sur le plan du déroulement de la répétition.
Nous n’imposons pas aux élèves d’apprendre des longs passages par cœur. L’objectif est de pouvoir connaitre suffisamment le texte pour le restituer « en texte parallèle », c'est-à-dire à travers une improvisation guidée et cadrée qui redonne au texte son caractère vivant. Sur le plateau, les acteurs doivent créer un objet de jeu autour duquel ils devront se départager. Cet exercice requiert un effort de mémoire non pas des mots, mais d’une composition.
Cette année, les sessions seront plus nombreuses et notre objectif plus ambitieux. Nous prévoyons de solliciter la participation des élèves en leur proposant une réécriture des textes, tout en gardant la structure du conflit. C’est une tâche qui peut convenir à certains. En effet, lors d’un atelier artistique, il est préférable de tenir compte de la diversité des sensibilités des élèves. Certains ont naturellement plus d’aisance que d‘autres sur le plateau, d'autres dans l‘analyse. Nous pensons avoir le temps de pouvoir créer un groupe dans lequel chacun aurait une activité spécifique : réécriture des dialogues improvisés, prises de notes pour la discussion, documentation, éventuellement captation vidéo, et jeu.
Nous voudrions pousser l’expérience plus avant. Différentes options sont à ce jour possibles. Pour une visibilité plus grande, il nous est apparu nécessaire de pouvoir faire travailler les élèves sur des séances tout au long de l’année et engager des présentations publiques dans le lycée et à l’extérieur.
Le texte étudié sera choisi en début d’année, sachant que nous avons déjà abordé l’année dernière le Gorgias. Il est possible que nous restions sur cette œuvre majeure qui porte sur des concepts étudiés au programme de Terminale. Nous avons aussi la possibilité de travailler sur d’autres dialogues comme le Ménon , l’Euthyphron, le Lysis, le Criton ou encore le Phèdre.
lycée Marcelin Berthelot
St Maur Les Fossés 94
Projet d’établissement : la philosophie avant la terminale.
Nous avons le projet collégial de proposer une première approche de la philosophie en classe de première. Les élèves concernés sont en priorité les élèves de 1ère L, mais il est aussi envisageable de s’adresser parallèlement aux élèves de S, ES et STG, auquel cas il y aurait deux groupes distincts.
Ce projet répond, sinon à une demande, du moins à une réelle interrogation des élèves comme de leurs parents – pourquoi la philosophie n’est-elle enseignée qu’en terminale ?- et il s’inscrit en partie dans la perspective désormais officielle d’expérimenter la philosophie en seconde ou en première.
Le principal résultat escompté est, toutes séries confondues, de s’appuyer sur une curiosité aussi légitime que bienvenue de la part des élèves pour les amener à s’exercer à la réflexion philosophique et à trouver une première réponse à la question de savoir ce qu’est que philosopher, avec une liberté pédagogique et une tranquillité d’esprit qu’autorise l’absence d’enjeu immédiat en première et qu’interdit l’impératif du bac en terminale. Plus spécifiquement en L, le résultat attendu est d’un point de vue qu’on pourrait appeler psychologique de produire une familiarité avec la philosophie qui mette fin pour les élèves à l’impression d’avoir en terminale à faire un grand saut dans le vide avec une matière inconnue qui pèsera lourd dans leur réussite au bac. D’un point de vue pédagogique, d’avoir fait connaissance avec cette matière de fait importante pour eux, et d’avoir acquis un début de tour d’esprit philosophique ne pourra que les aider à mieux réussir leur année de terminale.
En termes de fréquence et de périodicité, nous avons pensé à une heure hebdomadaire sur trois mois, au second trimestre seulement : cela laisse le temps de faire quelque chose de conséquent sans empiéter sur la dernière ligne droite de l’année axée sur les épreuves anticipées du bac. Si ce projet voit le jour cette année, les intervenants seraient en 1ère L Mme Lemaître, et éventuellement en 1ères S, ES, et STG Mr Floccari.
La mise en place passerait par une première information aux élèves, visant à vérifier en 1ère L que tous les élèves se sentent concernés (ce qui logiquement devrait être le cas) et visant à évaluer en 1ères S, ES et STG le nombre d’élèves susceptibles d’être intéressés. Il nous semble évident que dans ses modalités cette introduction à la philosophie ne doit pas ressembler au cours magistral de terminale ni donner la première place aux textes philosophiques. Aussi avons-nous dans l’idée de partir de représentations communes, présentes dans tout ce qui véhicule quelque chose comme une pensée, pour soumettre avec les élèves ces représentations à un traitement philosophique. Ce travail, essentiellement fait de recherches, d’analyse critique de documents, de dialogue pourrait avoir pour but concret une synthèse élaborée par les élèves, synthèse permettant d’évaluer le chemin parcouru d’une pensée non philosophique à une pensée philosophique. Il nous semble important que le collègue de philosophie ayant assuré cette première approche de notre discipline commune tienne informé les autres de ce qu’il a pu faire, et il nous semble préférable pour les L d’avoir affaire à deux professeurs différents en première et en terminale.
Il est un possible effet négatif qui tombe sous le sens : il ne faudrait pas que cette première approche de la philosophie par ses modalités trompe les élèves sur ce que sera la philosophie en terminale. Un moyen d’éviter ce travers est d’être très clair sur ce point avec les élèves de première, en les prévenant que faire de la philosophie à un niveau supérieur passe par des cours magistraux et des grands textes de philosophes. Sinon, prévoir les effets d’une première expérimentation n’est pas chose facile. Plusieurs lycées s’étant lancés dans l’aventure avant nous, nous commençons cependant à disposer de comptes-rendus de leur propre expérience, comptes-rendus précieux en ce qu’ils montrent la grande variété de démarches possibles, et comptes-rendus encourageants en ce que, à les en croire du moins, ces démarches ont dans leur ensemble été un succès. Dans l’hypothèse où ce projet soit validé par notre établissement, à terme se posera la question de savoir si la durée que nous avons prévue est la bonne, et peut-être que d’autres types d’intervention pourront éventuellement être prévues, comme par exemple un travail transdisciplinaire en classe de seconde, sous forme d’interventions ponctuelles et concertées. La question que nous nous posons dans l’immédiat est la question de savoir quel cadre réglementaire permettrait de réaliser ce projet et sous quelle forme il pourrait s’inscrire dans l’emploi du temps des élèves.
Pour l’ensemble des collègues de philosophie,
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Le Mal - Lycée Marcelin Berthelot
Lundi 22 novembre à 18h30 Conférence en salle Politzer Le Mal dans la profession de foi du vicaire savoyard par Yves Vargas, professeur de (...)
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Module d'initiation à la rhétorique - Lycée Marcelin Berthelot
La publicité, le discours politique, l'entretien d'embauche... la rhétorique est partout. Dans le discours, dans l'image, dans le geste, dans le dit et le non dit. Ce module...
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Georges Politzer (1903-1942) - Lycée Marcelin Berthelot
Le réfugié et le philosophe. Georges Politzer est né en 1903 à Nagyvarad (aujourd'hui, Oradea) en Hongrie, dans une famille juive. Fuyant la répression, il séjourne quelque temps à Vienn...
Lycée Grégor Mendel à Vincennes
BILAN DES ACTIONS CULTURELLES MENEES PAR CATHERINE DURIEUX BENASSEM
Dans le souci de mettre l’éducation artistique et la culture au cœur du projet d’établissement du lycée Grégor Mendel, je mène depuis plusieurs années plusieurs projets portant notamment sur le cinéma.
- Participation au dispositif : « Lycéens et Apprentis au cinéma ».
En coordination avec deux professeurs de Lettres et la responsable du CDI, je participe depuis 2011-2012 à ce dispositif mis en place par la Région Île-de-France et en participation avec la DRAC et le Forum des images. Ce dispositif a pour objectif de faire acquérir aux lycéens une culture cinématographique qui développe leur intérêt pour le cinéma et leur permet de replacer le film dans son contexte historique et esthétique, et de cerner les enjeux d’un film. Nous avons pu intégrer trois classes au dispositif : une classe de seconde, une classe de terminale, et une classe de BTS. Nous avons reçu nous-mêmes une formation de cinq jours à chaque session, formation portant sur l’analyse filmique et contextuelle des films que nous allions faire visionner aux élèves ainsi que sur un thème (cette année : « Filmer le réel »). Cette année, les élèves ont pu voir trois films : « To be or not to be » de Lubitsch, « Daratt » de Mahamat-Saleh Haroun, et « Raging bull » de Scorsese. Pour ce dernier film, un intervenant est venu présenter aux élèves de ma classe de terminale les thèmes de la violence et du rêve américain. J’ai été surprise de constater que les élèves possédaient une connaissance cinématographique relativement riche et que les projections de ces films donnaient lieu à des réflexions tout à fait pertinentes et enthousiastes de leur part. En tant que professeur de philosophie, j’ai axé la réflexion sur des thèmes liés au programme de philosophie : « Daratt » a permis aux élèves de réfléchir sur le thème de la vengeance et du Droit, « To be or not to be » sur le thème du rire face aux questions graves, « Raging Bull » sur la violence et la sublimation. En coordination avec les professeurs de Lettres et dans le souci d’une éducation à l’image, nous avons fait réfléchir les élèves sur le langage et la narration en établissant les liens entre littérature et cinéma.
Nous allons proposer notre réinscription à ce dispositif pour l’année 2013-2014, car nous sommes convaincues de l’apport culturel du cinéma pour nos élèves et étudiants.
- Création d’un ciné-club au lycée Grégor Mendel. J’ai été sélectionnée pour participer au dispositif « Toutes les clefs pour créer un ciné-club » en septembre 2012. J’ai dû sensibiliser les élèves du lycée à participer à ce dispositif visant à la création, par les élèves, de leur ciné-club. J ai choisi d’inscrire des élèves de filières et de niveaux différents pour une meilleure fédération des lycéens.Le conseil Régional d’Île-de-France, m’a proposé, ainsi qu’à deux élèves du lycée, une formation au Forum des images pour créer un ciné-club au sein de notre lycée. Nous avons, avec l’aide d’une équipe d’étudiants en BTS communication et moi-même, choisi les films, mené la campagne d’information et de communication par affichages et mails pour inciter les élèves à venir aux séances de projection suivies d’un débat organisé par les élèves volontaires et référents du projet. Nous avons été retardés pour la première projection car le lycée s’est équipé de rideaux occultants mais à ce jour, le lycée a pu projeter deux films : « Les sentiers de la gloire » de S. Kubrick, et « La haine » de M. Kassovitz. Les débats ont porté sur le thème de la violence et ont passionné les élèves présents. Ce dispositif sera reconduit l’année prochaine, avec une projection par mois, toujours dans l’idée d’un ciné-club organisé par les élèves, avec mon aide en tant que référent.
- Création et animation d’un ciné-philo en partenariat avec le cinéma : « Le vincennes » depuis Septembre 2010.
En partenariat avec le cinéma : « Le Vincennes », j’organise de trois à cinq séances par année avec deux classes de terminales. Un film est projeté dans le cinéma et est suivi d’un débat-coursavec prise de notes et questionnaire dans la salle de cinéma. Les films sont choisis en lien avec le programme de philosophie selon une thématique comme par exemple : « la liberté face au conformisme et à la normalisation »qui a donné lieu à la projection de : « Sa majesté des mouches » de Brook, et qui a permis aux élèves de réfléchir sur la désintégration des repères symbolique et sur les pulsions agressives « Les temps modernes » de Chaplin,qui a donné lieu à une élaboration conceptuelle portant sur le travail aliéné et le machinisme « Très bien merci » de Cruveiller, pour le thème de la normalisation, « La vague » de Ganselqui traite du formatage des esprits et du totalitarisme, « Un prophète » de Audiard quitraite des rapports de soumission et a donné lieu à une élaboration conceptuelle portant sur « la dialectique du maître et de l’esclave. Nous avons pu visionner des films classiques comme : « Les raisins de la colère » de Ford ou « L’enfant sauvage » de Truffaut, mais aussi des films récents comme « Welcome » de Lioret, etc…..
Ce dispositif sera reconduit l’année prochaine car il permet d’utiliser le cinéma comme support aux questionnements philosophiques, d’utiliser ces films comme exemples philosophiques dans les dissertations ( par exemple, cette année, nous avons travaillé sur l’exemple du film : « sa majesté des mouches » pour la dissertation : « La civilisation humanise-t-elle l’homme ?». Nous avons cette année, travaillé des dérives possibles de la démocratie d’après Tocqueville à partir du visionnage de « La vague ». De plus, le ciné-philo offre une éducation au cinéma et à l’image, et permet une contextualisation des idées philosophique dans la société.
Lycée Léonard de Vinci à Tremblay en France
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Site de philo de l'académie de Créteil
Actualité et activité philosophique vues depuis le site de l'académie de Créteil
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