Paroles d'élèves
Malika
Ecrit
Elle y met son âme
Son cœur
Ses convictions
Elle s’ennuie souvent en cours
Alors elle écrit
Elle écrit sa rage
Ses amours
Toujours avec humour
La Crise
La crise me fait la bise
La calamité du Business
A fendu ma Richesse
Gains, bien, Plus rien
Pas une miette de pain
Vive la graille pour chien !
Le suicide me souris
La bibine me ravis
Crise tu es ma hantise
L’humanité entière est assommée
Prosternée à tes pieds
Causerais-tu ma perte, Vilaine
Je n’ai plus un sou
Suce-moi tout les poux
Dépouille-moi de mes entrailles
Dans cette foutu bataille
La crise me fait la bise
Elle m’écrase à sa guise
Et se monde qui part en vrille
Et ses vies qui dégringolent telle la Tour de Pise
Que me reste-il ?
Bien, la bise
Et la manche qui me courtise
Délivrance
Sentez son cœur qui cogne
Ses tambours qui résonnent
Ces villages qui grognent
Et ces mères qui crient
Pour un grain de riz
Voyez comme le Darfour se meurtrit
I
Mon Afrique a trop souffert
Mon Afrique a trop subi
Tu pleures, tu saignes, tu cries
Pourtant tu es toujours en vie
II
Tes enfants arrachés par milliers
Encrent ton Histoire pour l’éternité
Eparpillés aux quatre coins de la Terre
Tes enfants sont aussi mes frères
Malgré le Calvert Triangulaire
III
Accablée de pillages répétitifs
Corrompue par mes frères naïfs
Tes politiciens ne sont que des Captifs
Soumis aux Cochons impérialistes
Tes enfants reniflent tout ton Bif
Regarde la grosseur de leur sal Pif
Ils s’empiffrent comme des égoïstes
Face aux envoûteurs capitalistes
Mon Afrique c’ est un Viol collectif
Montaigne j’implore ton esprit humaniste
Terrifiance
Terre, tu n’es que souffrance
Mutilée à outrance
Terre, tu subis la pire des violences
Ta nature et ses arbres qui s’envolent
Tranchez, hachez, saccagez
La Déforestation est une grossièreté
Des machines t’usent sans pitié
Des indigènes sont piétinés
De luxueux Palaces à meubler
Certes des besoins comblés
Mais une Terre perforée
Ainsi s’estompe La Jungle
Ainsi va la Nature
Fragile…….
Ton agriculture est empoisonnée
Les Pesticides t’ont dépravée
Règne en ta matière une moisissure nocive comme l’Enfer
Baigne en ta matière des maladies, digne du cancer
Arrosée de ce Mortel Poison
La Lignée de mes Pères est en Perdition
Telle est notre sanction
Pour nos générations
Terre, j’implore ton Pardon
Des êtres perdent la raison
Utilisant des produits chimiques
Pour quelques profits économiques
L’humanité s’engage alors dans une situation chaotique
Accablée tu résistes
Dès lors nos mutilations persistent
Ainsi l’existence sera transparente
L’EVANGILE APOCALYPTIQUE ME HANTE
Noël : ça fait un rapprochement. Samir : c'est bien parce qu'il y a plus de différences. Même si cette différence on la vivait bien, on le savait depuis le début, depuis le BEP. On savait qui...
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" J'avais besoin qu'on me dise 'tu peux y arriver' "
L'auto-école où Fateh est moniteur se situe à quelques mètres de l'agence bancaire attaquée le 25 janvier à la voiture bélier dans le quartier commerçant des Quatre-routes. Un braquage spec...
http://lacourneuve.blog.lemonde.fr/2012/02/20/javais-besoin-quon-me-dise-tu-peux-y-arriver/
Nabila Aissary, chef de file
En Terminale STG au lycée Jacques-Brel, la jeune femme de 18 ans est à la tête de plusieurs projets scolaires.
Souriante, élégante et bien dans ses ballerines, cette Dugnysienne est membre du Comité de la vie lycéenne (CVL) et du Conseil d’administration du lycée Jacques-Brel. Investie et motivée, elle arrive au lycée Jacques-Brel en 2007. « ça n’a été qu’une question de secteur dit elle, « tout simplement ». Après une première année de seconde en classe « européenne », la jeune femme commence à filer un mauvais coton. Les cours ne la motivent pas, les jours se ressemblent, Nabila se remet sans cesse en question. Mais elle sort vite la tête de l’eau. Elle se réoriente et file en Sciences et technologies de la gestion (STG). « Là, je me suis immédiatement sentie dans mon élément ! » Arrivée en Terminale, elle croise le chemin de Maryse Emel, la « fameuse » prof de philosophie du lycée. De fil en aiguille, la lycéenne s’investit dans les projets mis en place par l’enseignante. « Comme beaucoup d’élèves étudiaient la musique, chantaient ou dansaient, Mme Emel a voulu créer un café culturel où tous les volontaires pourraient se produire sur scène, explique Nabila. J’ai tout de suite été à fond dans ce projet. J’en suis devenue la présentatrice. » Micro en main et pas timide pour un sou, la lycéenne se plait dans son rôle de meneuse. « Je n’avais jamais participé à ce genre d’initiative. C’est vraiment bien pour les élèves. C’est très enrichissant. On a vraiment l’occasion de s’investir, de s’entraider à 100%. Tout le monde n’a pas cette chance, » se réjouit-elle. Dans le droit fil de ce projet culturel, Nabila, avec l’aide de Maryse Emel, vise plus haut. Elle décide d’organiser un voyage « philosophique » à Barcelone. « On a planifié des ventes de T-shirts et de parapluies pour financer le projet, se souvient-elle. Je venais bosser pendant les vacances scolaires. Les élèves ont suivi le mouvement. ça a été très constructif. » Mais les épreuves du Bac approchant à grands pas, le périple ne se fera pas. « Les élèves ont préféré se consacrer aux révisions. Ce n’est pas grave, l’argent récolté servira aux autres projets, ce n’est pas perdu. » Bachelière à la fin de l’année, – on touche du bois – Nabila passera avec fierté le flambeau, à qui voudra la remplacer.
Regards, 31 mai 2011, le journal de La Courneuve
Nathalie, aujourd'hui 51a, prof d'anglais, se rappelle:
Cours de philo
17 ans… Terminale A5 en 1979 région parisienne.
La philo ? Mais qu’est-ce que c’est ?
Mon grand-père, physicien de formation, en avait transmis à mon père une drôle de définition : « C’est l’art de faire un petit trou et de tourner autour ».
Premier cours : le prof entre. Impressionnant. Peu souriant. Les jeunes aujourd’hui diraient qu’il avait une tête d’intello. Bien évidemment, il nous pose cette fameuse question : « Qu’est-ce que la philo ? », question que me pose mon plus jeune fils aujourd’hui à l’approche de sa terminale l’année prochaine. Finalement, on se rend compte à quel point il est difficile d’y répondre…
La classe n’ose pas parler. Le prof nous parle des racines grecques du mot philosophie. Certes, mais encore ?
Il nous explique ce dont nous allons parler. Pas question de traiter de notions comme le fera son collègue dans l’autre terminale littéraire. Il nous parle de Platon, de Freud, de Marx, de Nietzsche et de Kant. Aussi loin que je me souvienne, il était question de boucler une boucle !
Une chose est certaine, il nous dit que ses cours deviendront insupportables (incompréhensibles) si nous ne fournissons pas un effort intellectuel. Il nous impressionne, mais à 17 ans, on est insouciant, on ne le prend pas vraiment au sérieux.
La première dissert : une « cata » pour tout le monde. J’hérite d’un 8/20. La philo, c’est connu, c’est dur. C’est ce qu’on disait, à l’époque. C'est aussi ce que disent de nombreux élèves de terminale actuellement. Pour cette dissertation, il était question de la raison d’état si ma mémoire est bonne.
Je ne sais pas vraiment ce que je cherchais dans le cours de philo. Rien de précis je pense à la base. J’étais en littéraire par choix et pour les langues vivantes.
Même si je ne cherchais rien de précis, ce prof m'a vraiment fascinée. Je pense sincèrement que le prof de philo bénéficie d'une aura que n'ont pas ses collègues des autres disciplines. On adhère ou on n'adhère pas aux cours de philosophie.
Ce qui m'a probablement le plus marquée, ce sont les travaux qu'il nous faisait faire en plus. Il s'agissait bien de travail supplémentaire, de lectures personnelles. Lorsque nous étudions un auteur, nous pouvions, si nous le souhaitions, lire une œuvre différente du même auteur et « interroger » le prof. Génial, non ? Avec le recul, et en tant qu'enseignante, je me rends compte que ces travaux supplémentaires devaient lui demander beaucoup de travail en plus.
Je vais essayer d'expliquer la démarche que nous devions suivre dans ces travaux. Je me souviens, par exemple, avoir étudié en classe plusieurs passages de l'Introduction à La Psychanalyse de S. Freud. J'avais eu envie d'aller plus loin... et par conséquent j'avais lu l’œuvre intégrale. Le complexe d'Oedipe m’interpellait : fille de parents divorcés et élevée par ma mère... J'avais donc relevé un passage dans lequel il était question dudit complexe. Je devais dans un premier temps expliquer ce que j'avais compris, et dans un deuxième temps, je pouvais poser mes questions. Je demandai donc à mon professeur comment un enfant privé de la présence paternelle/maternelle pouvait « faire son Oedipe ». Là aussi, avec le recul, ma question me paraît un peu puérile ! Pourtant, ce prof m'a répondu. Je pense avoir beaucoup progressé grâce à lui.
J'ai revu ce même prof alors que j'étais en hypokhâgne avec toi, Maryse. Je me souviens des cours de notre prof, M. V. et surtout d'un cours où il était question de la différence entre « To on » et « to enai » en grec. J'étais allée trouver mon prof de terminale, et nous étions allés boire un pot tandis qu'il m'expliquait la différence entre ces deux termes. J'avoue que j'ai oublié aujourd'hui, mais, peut-être cela te fera-t-il sourire, je me souviens qu'il a utilisé la métaphore de la chaussure ! Tu m'expliqueras si tu vois où il voulait aller !!!
De ces cours de philo d'hypokhâgne, je ne garde que peu de souvenirs, sauf cette anecdote, et aussi le mépris perceptible dans les propos de mon prof de terminale qui m'avait dit : « Oh, c'est un Heideggerien ».
Quant aux cours de Khâgne dans un autre lycée, je n'ai aucun souvenir. Le prof avait été diplomate, je crois, et j'ai l'impression qu'il ne m'a rien appris du tout....
J'en conclus donc, que oui, la philosophie, c'est une rencontre, ou pas.